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The Valentines – Breakaway

The Valentines – Breakaway

Le WE dernier, au cours d’une discussion, on m’a (encore) demandé ce qu’est la northern soul. Et je suis toujours un peu emmerdé quand on me pose cette question.

En général, expliquer pourquoi northern, ça va. J’explique que ça fait pas référence à une région d’origine mais à la région où elle a été jouée (et surtout trouvé une 2e vague de popularité énorme), je pars alors dans des explications sur les clubs du nord de l’Angleterre, les allnighters, la fin des années 60, les années 70, la recherche du disque, du son le plus rare et ambianceur possible par les DJs, l’ancrage à la fois populaire/prolétaire et élitiste de cette musique etc. etc. (c’est pour m’obliger à m’arrêter que je mets « etc. »).

Non, ce qui est plus coton, c’est quand il s’agit de définir le son northern. Par exemple, la southern soul (attention, là je le fais exprès pour vous embrouiller), c’est vraiment un son particulier, très énergique, hérité du R&B/Gospel et enraciné dans le sud des États-Unis, d’où elle vient. Mais comme ça serait trop simple, la southern soul, peut aussi être northern, au même titre que des morceaux soul de Phillie ou de Chicago par exemple (bah oui suivez un peu, ça fait pas référence à la même chose, alors ça peut tranquilou être les deux). Non, définir le son j’ai souvent plus de mal.

Et plus tard, je me pose, je me mets quelques morceaux (en général cette compil ou celle-ci sont très efficaces) et là ça m’apparaît comme une évidence : définir le son northern est si difficile parce que ce n’est pas forcément une musique qui s’écoute mais bien une musique qui se danse. C’est sa raison d’être. Et là, une idée me vient. En fait, le son northern, c’est quand, dès les 1ères notes, tu as ces images dans la tête.

Ces personnes qui dansent ce mélange de kung-fu et de mouvements au départ indéfini, c’est ça, la northern soul. Pas la peine de tirer des grands traits communs musicaux, de chercher des éléments qui reviendraient à chaque fois, etc.

À ce jeu-là, il y a pléthore de morceaux qui me font cet effet. Et ce matin, la lecture aléatoire de mon mp3 a choisi Breakaway, de The Valentines. Et il faut dire que pour ce qui est de m’amener les images dont je parlais, ce morceau sait y faire, et à chaque fois.

Bon, avec tous les groupes qui s’appellent ou s’appelaient The Valentines, et combiné au fait que c’est pas pour rien que la northern soul est aussi désignée comme rare soul, j’ai beaucoup de mal à trouver des infos sur le groupe ou même le morceau qui est en tout cas sorti en 1970 en original press (ou en 67, tu vois même ça j’arrive pas à en être sûr). Mais on s’en fout. Je vous laisse avec ce classique qui vous donnera des fourmis dans les fesses et les jambes j’en suis sûr. Tout y est les cuivres de l’intro mettent le feu, l’ambiance monte au fur et à mesure et les ponts n’offrent que peu de répit. Le tout soutenant des paroles conscientes, qui cadrent parfaitement avec la culture northern. Hop, The Valentines avec Breakaway.

Pour celleux qui voudraient connaître un peu mieux tout ce monde, je peux vous conseiller de regarder Northern Soul, le film. En lui même, le film est pas top, je vous préviens et il y a des films sur des univers musicaux, des subcultures ou des groupes qui lui sont 100 fois supérieurs (c’est sûr que c’est ni This Is England, ni Quadrophenia). Mais pour des newbies, il est très accessible, et les images et les morceaux sont suffisamment chouettes pour ne pas bouder notre plaisir.

Et on n’oublie pas : Keep The Faith !!

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